Toutes les fissures ne se valent pas. Une fine fissure de retrait est courante, alors qu'une dalle soulevée ou un mur fissuré en toile d'araignée peut annoncer des travaux majeurs. Au Québec, deux problèmes connus touchent des milliers de maisons : la pyrite dans le remblai sous les dalles, surtout dans la grande région de Montréal, et la pyrrhotite dans le béton des fondations, surtout en Mauricie et dans une partie du Centre-du-Québec.
Lire une fissure de fondation
L'inspecteur examine la forme, la largeur, la direction et l'emplacement de chaque fissure. Une fissure verticale fine près d'une fenêtre de sous-sol est souvent une fissure de retrait. Une fissure horizontale, en escalier dans les blocs, ou avec un décalage entre les deux lèvres peut signaler une poussée des sols ou un tassement.
Il cherche aussi les signes d'activité : traces d'infiltration, efflorescence, calfeutrage récent qui s'est ouvert, portes qui coincent ou planchers qui penchent. Selon ce qu'il observe, il recommande une surveillance, une réparation d'étanchéité ou une évaluation par un ingénieur en structure.
La pyrite : le remblai qui gonfle
La pyrite est un minéral présent dans certains granulats utilisés comme remblai sous les dalles de béton. Au contact de l'air et de l'humidité, elle s'oxyde et provoque le gonflement du remblai, qui soulève la dalle. Les signes typiques sont des fissures en étoile ou en réseau dans la dalle du sous-sol, un plancher bombé, des cloisons qui frottent au plafond ou au plancher et des cadres de porte déformés.
Au Québec, le potentiel de gonflement d'un remblai est évalué en laboratoire par un indice pétrographique du potentiel de gonflement, selon une méthode normalisée. L'inspecteur repère les indices visuels et vous indique si un échantillonnage du remblai par une firme spécialisée est justifié.
La pyrrhotite : le béton qui se dégrade
La pyrrhotite est un sulfure de fer présent dans le granulat de certains bétons. En s'oxydant, elle provoque des réactions qui font gonfler et fissurer le béton lui-même, dans les murs, les semelles et les dalles. Les signes typiques sont un réseau de fissures en toile d'araignée sur les murs de fondation, souvent accompagné de taches de rouille.
Les maisons touchées ont surtout été construites de 1996 à 2008, principalement à Trois-Rivières, à Shawinigan, à Bécancour, à Nicolet et dans les MRC de Maskinongé et des Chenaux. Seul un carottage du béton analysé en laboratoire permet de confirmer sa présence et son taux. L'absence de fissure visible ne suffit pas à l'écarter.
Acheter une maison à risque en connaissance de cause
Si la maison se trouve dans un secteur et une période de construction à risque, les essais de laboratoire devraient être faits avant la levée des conditions. Les résultats, et les rapports de travaux s'il y en a eu, sont les seules références fiables pour vous, votre prêteur et un futur acheteur.
Si des travaux ont déjà été réalisés, par exemple un remplacement de remblai ou de fondation, demandez les rapports d'expert, les factures et les garanties. Une maison bien réparée et documentée peut être un bon achat. Une maison sans document, dans un secteur à risque, demande beaucoup plus de prudence.



